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20 juillet 2008

Retour à la case départ

Après une semaine dans ce merveilleux pays qu'est la Bretagne (désolée, l'ironie est difficile à saisir quand on y met pas le ton ...), me voilà enfin de retour à Paris ! Bon, je n'ai rien de particulier contre la Bretagne, mais ... Il faisait froid, il y avait beaucoup de vent, on a eu de la pluie (oui ben forcément, vous me direz ...), et SURTOUT : j'avais pas le droit de me plaindre. Pas le droit à la critique, pas le droit à l'ironie, pas le droit à la subtilité, pas le droit à la délation, sous peine de payer une amende à ma mère T_T Oui je sais, c'est dur. A part ça, j'avais quand même le droit de parler.

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03 juillet 2008

TBF, suite et fin

Nous avions laissé nos charmants élèves de première à la sortie de leur écrit de français ...
Cette semaine commençait pour les parisiens (et peut-être pour d'autres, qu'est-ce que j'en sais. Mais apparemment on passe tard par rapport au reste ...) les oraux du TBF.

Etant strictement incapable de passer plus d'un quart d'heure devant mes textes, j'avais disons un léger mauvais pressentiment, surtout que j'avais Aucun commentaire sur deux de mes textes. Bon. Cette fois je suis arrivée à l'heure, pour découvrir sur la liste affichée sur la porte que je passais en dernière. Génial ...

Plus d'une heure à galérer dans ce couloir tant détesté puisque c'est le couloir des cours de langues en demi-groupe, autant dire les cours les plus pourris de la semaine. A galérer en voyant les élèves sortir et faire "Je suis en vacaaaances !" ... Plusieurs allers-retours pour passer le temps, discussions avec les élèves déjà passés, rumeurs sur l'examinateur, hypothèses sur le texte qui pourrait me tomber dessus, un mec qui était persuadé qu'il passait l'après-midi et qui est arrivé en retard, y en a vraiment qui sont pas doués !

Finalement j'aurais eu droit à Baudelaire, moi je voulais le baroque T__T
Texte bof, question pourrie, plan pas génial, entretien limite catastrophe, donc je suis pas très optimiste quant à ma note, mais en fait ... JE M'EN FOUS ! Disons que si j'avais travaillé, j'aurais été un peu énervée, mais j'avais pas fait grand chose donc ... Et puis coefficient 2, voilà quoi.

Cet aprèm je vais chercher le boulet à la gare ... C'est les vacances !

PS : Mais j'attends ma note pour savoir si je déteste l'examinateur ou non. A priori je l'aime pas. Si j'ai la moyenne, il remonte dans mon estime.

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25 juin 2008

Boulet un jour, boulet toujours

blog

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20 juin 2008

TBF, ou les profs devins

Eh oui, aujourd'hui avait lieu la première épreuve du TBF (Terrible Bac de Français) : l'écrit !
Epreuve, je le rappelle, en quatre heures ... normalement.

Après être presque arrivée en retard (au moins l'avantage c'est que j'ai eu aucun mal à trouver ma place, c'était la seule qui restait. De toute façon, dernière de la liste, j'étais dans un coin, alors ...), je constate que le prof qui nous surveille n'est autre que mon charmant prof d'histoire de l'année dernière. Celui qui disait "Et vous savez, quand Napoléon est allé voir David dans son atelier, il lui a dit : "Ah, bravo, vous avez TOUT compris !"". Voilà pour l'anecdote. Là il m'a surtout dit de me dépêcher d'aller m'asseoir et qu'il me croyait plus sérieuse. Assise juste devant Marjorie qui en rajoute une couche, alors Marie on arrive en retard ? Oui bon, en même temps, arriver à sept heures trente pour remplir Examen, Session, Epreuve, Nom Prénom ... Surtout que sur notre table, on avait une feuille où tout était expliqué, avec un exemple :
"Nom : Magne
Prénom : Charles"
Ahahahahaha ! Quel humour ! Digne de mon prof de latin.

Evidemment, on me distribue le sujet en dernière, on me fait signer la feuille en dernière, on prend ma convocation en dernière. L'objet d'étude : le roman et ses personnages. Que disait cette chère madame V*lar ? "C'est nouveau cette année, ça vous tombera sûrement dessus." Qu'avons-nous eu en bac blanc, avant les vacances de Pâques ? "Le roman et ses personnages : le roman, reflet de la société". On s'était bien fait sacquer par contre (entre Ch*bot dont les S auront la peau, M*rel qui sait pas écrire, l'autre qui rend les copies une semaine en retard - dont la mienne, eh oui - et le dernier, le prof inconnu ...). Apparemment on avait retenu un truc : la meilleure note, ça avait été sur un sujet d'invention.

Rapide lecture des textes : L'homme qui rit, le livre préféré de ma prof de français, qu'on a pourtant pas étudié, mais enfin on connaissait l'histoire. L'Assommoir, avec deux M, comme on nous l'a si bien dit après le dernier bac blanc. Proust, qu'on avait déjà eu. Balzac, une petite description. Une question sur corpus un peu chiante et surtout, dont la réponse ne devait pas "excéder la trentaine de lignes". Euh, ouais ...

L'auteur de roman doit-il forcément imiter le réel ? Un truc dans le genre, pour la disserte, donc déjà c'était non. Le commentaire sur le texte de Balzac, qui faisait dix lignes, non, merci. Reste l'invention. Un sujet sympa, une description d'une vieille que le narrateur aurait aimée dans sa jeunesse, et dont il verrait la beauté d'autrefois sous les traits vieillissants. Pourquoi pas ? Ça sera pas noté gentiment, tout le monde va le prendre, et alors ? Va pour l'invention. Fini au bout de deux heures, sans caser Andromaque malheureusement, mais personne semblait vouloir arrêter d'écrire.

Alors on se relit, une fois, deux fois ... quatre fois. On se préoccupe de coller le rabat pour cacher le nom, mais évidemment, ça peut jamais tenir sans colle. Bien sûr, on a pas de colle, personne en a autour de soi, par contre on a le droit de coller avec du scotch. On en a pas, mais ... La feuille d'exemple est collée sur la table avec du scotch ... Ça fait un peu crevard mais tant pis, personne le verra. On décolle discrètement le scotch, on colle tout, on attend qu'il soit onze heures et on se lève pour rendre sa copie. Si les yeux pouvaient parler on aurait entendu quelque chose comme "Marie t'es chiante !" XD. Désolée, désolée !

Dehors on était trois élèves de première, youpi ! Deux messages envoyés, un appel de Flo d'après qui j'ai fini trop tôt. Je sais, je sais, je sais, mais je ne peux PAS rester assise devant une feuille de français aussi longtemps.

Les élèves finissent par sortir, quelques impressions générales :
- Ils ont fumé quoi, pour la question ? Trente lignes, bah non dégage, j'en ai fait cinquante au moins.
- J'ai pris l'invention, c'était trop bien !
- On dirait le bac blanc mais en mieux.
- Personne a pris la disserte.
- Bon, on va manger ?
Et j'aurais passé plus de temps à aller au macdo, à manger devant l'hôtel de ville, et à jouer aux cartes qu'à faire du français, ce matin ...

PS : Et vous savez, quand Napoléon est allé voir David dans son atelier, il lui a dit : "Ah, bravo, vous avez TOUT compris !"

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19 juin 2008

Je déteste les dentistes

Ça commence par une visite à l'école. On te donne un mot à faire signer par tes parents, comme quoi un dentiste viendra examiner les dents de tous les enfants. Les rumeurs vont bon train : ce serait un géant, tout habillé en blanc, avec des mains en plastiques, et qui sentirait vachement mauvais. En tout cas, tu flippes grave (et pas sa race de sa mère parce que bon, t'es encore en primaire).

Tes parents tentent de te rassurer, "Mais non, il est pas méchant le dentiste, il va juste regarder tes dents pour voir si elles sont pas tordues !". Mais tes copains, qui disent toujours la vérité et rien que la vérité, ont entendu dire qu'il arrachait les dents et découpait la langue avec un couteau. Déjà le mot dentiste passe dans la liste noire. C'est plus "Mange ta soupe sinon le grand méchant loup viendra te voir dans la nuit !", c'est "Mange ta soupe, sinon le dentiste viendra te voir dans la nuit !".

Le jour J arrive, la maîtresse vous fait faire la queue devant cette mystérieuse salle, au bout du couloir où vous n'êtes encore jamais allés, toi et tes copains. Rien que le couloir est effrayant. Sombre, comme inhabité. Qu'à cela ne tienne, la maîtresse est encore là, tu n'as peur de rien. Déjà le premier de l'alphabet est appelé et entre dans la salle. Les adieux sont déchirants, les filles ont les larmes aux yeux, tandis que les garçons ne pleurent pas, hein ; ce sont des garçons.

Et il ne ressort pas. Les élèves se succèdent, mais aucun d'entre eux ne ressort. Alors ce serait vrai ? Le dentiste mangerait bien des enfants ? Quand c'est ton tour, il faut que la maîtresse te pousse pour te faire entrer dans la salle. C'est assez petit, et derrière son bureau, le dentiste attend. Chauve, habillé en blanc, des mains en plastique, oui c'est bien lui ! D'ici tu sens l'odeur. Quand il lève la tête, tu vois dans ses yeux cette petite lueur, cet air de mangeur d'enfants.

"Approche, mon petit !" qu'il te fait.

Tu as envie de répondre "Dentiste, comme tu as de grandes dents !" mais tu as peur qu'il réplique "C'est pour mieux te manger, mon enfant ..."

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17 juin 2008

Petit mode d'emploi à l'usage de ceux qui n'ont pas encore subi la JAPD

Tout d'abord, qu'est-ce que la JAPD ?
JAPD, ou Journée d'Appel pour la Préparation à la Défense. Retenez surtout que vous allez être appelés pour une journée, les autres mots importent peu. C'est donc une longue, très longue journée, malheureusement obligatoire ... (Comme le service militaire vous me direz, mais en plus court. Quoique le service militaire y avait moyen de l'éviter, une petite grève de la faim par exemple histoire d'être déclaré inapte ... Non je dis pas ça au hasard, j'ai de bons exemples dans ma famille, c'est tout. Evitez la JAPD, ça semble plus compliqué, vu qu'on y fait rien, je vois pas pourquoi on serait inapte à y aller.)

Quand est-ce que ça va me tomber dessus ?
Hélas, votre sort sera scellé à partir du moment où vous irez vous faire recenser, normalement peu après vos seize ans (si vous avez bientôt dix-sept ans et que vous ne l'avez toujours pas fait, comme certains boulets de ma classe, vous prenez juste le risque de vous faire engueuler par une vieille énervée, aigrie - parce que vieille et inutile - et frustrée à la mairie, donc en fait pas la peine de vous presser). Environ un an plus tard, vous recevrez la Terrible Convocation ... Priez pour que ça tombe sur une journée de cours, au moins !

Quel matériel de survie dois-je emporter ?
D'après mes expériences, je vous conseillerai d'emporter de quoi écrire ou dessiner, parce que si vous n'avez rien à faire pour vous occuper, le temps vous paraîtra très long. Niveau nourriture, tout vous sera fourni, pas d'inquiétude ! Personnellement j'ai même eu droit à DEUX bouteilles d'eau, c'est pas magnifique ? (Et deux Pépitos en guise de petit-déjeuner : si sur votre convocation il est écrit d'un petit-déjeuner vous sera fourni sur place, n'y comptez pas trop, et mangez bien avant. Au pire, si vous êtes dans un centre moins radin que le mien, vous mangerez deux fois, rien de bien grave).

Comment dois-je me préparer au test de la langue française ?
Surtout, ne pas se préparer ! C'est inutile. Le test en question, si je peux vous rassurer, est d'une simplicité effarante et presque abrutissante. Il est composé de quatre ou cinq épreuves toutes aussi stupides les unes que les autres. L'une d'entre elles consiste par exemple à définir l'existence ou non d'un mot : "Le mot "Pijule" existe-t-il ?". Une autre épreuve consiste à lire un programme de cinéma et à répondre à des questions telles que "Où est situé le cinéma ?", avec le programme sous les yeux, bien entendu. Jamais on ne vous demandera d'avoir un minimum de mémoire !

Les films diffusés lors de cette journée auront-ils un effet "lavage de cerveau" sur moi ?
On peut effectivement se demander si ce n'est pas le but de la JAPD. Vous aurez entre autres droit à des films tels que "L'armée c'est bien, l'armée c'est cool, engagez-vous !" et "Si tu rates tes études, tu peux entrer dans l'armée !". Le tout appuyé de témoignages de jeunes motivés, mais dont l'air complètement idiot ne trompe personne, rassurez-vous. Restez vigilant, c'est tout ce que je peux vous conseiller !

Tout le monde survit-il à la JAPD ?
A ma connaissance, oui. Hélas, il y a toujours des cas qui nous échappent ... Fragiles psychologiquement, peut-être ... En tout cas, si vous êtes normalement constitué, il n'y a aucune raison pour que vous n'en sortiez pas sain et sauf. Après tout, cette longue journée, ce n'est que films idiots et racontage de vie de la part des intervenants. Une place au fond de la salle, de quoi dessiner, et on survit sans mal. Il faut savoir prendre son mal en patience ! A la fin, vous aurez même gagné, en plus de bouteilles d'eau si vous êtes chanceux, un magnifique critérium blanc en plastique moche, avec écrit en gros dessus : JAPD ! Et Ministère de la Défense, enfin vous feriez mieux de le jeter. Un conseil : les mines et la gomme sont récupérables et peuvent servir pour d'autres critériums moins abominables esthétiquement.

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10 juin 2008

Le jour où Marie décida de vider son sac

Au sens propre, je précise. Parce que dire ce que je pense vraiment, ce qui reviendrait à vider mon sac mais au sens figuré, j'ai pas besoin d'un jour spécial pour ça - vous aurez pu remarquer par exemple que je disais facilement du mal des autres quel que soit le jour. Bref !

L'autre jour, il m'est apparu que mon sac avait un grand besoin d'être vidé. En fait, je m'en suis rendue compte en cherchant mes textes de français (pour un truc débile, genre l'oral de français, le truc dont tout le monde s'en fout). En tous cas, j'ai pas retrouvé mes textes. Mais j'ai trouvé beaucoup de choses.

Déjà, je voudrais démentir une première chose : Je n'ai pas TOUJOURS à manger dans mon sac ! C'est complètement FAUX ! Mon sac n'est PAS un garde-manger, ni un placard à gâteaux, ni un frigo ! Compris ? Combien de fois j'ai entendu "J'ai faim, t'as pas quelque chose à manger, Marie ?" ... Eh bien NON, ma réponse n'est pas TOUJOURS positive ! Non mais ...

Pour commencer, avant de passer au vidage en lui-même, qui consiste en une longue et terrible épreuve, un petit historique est de rigueur ... Enfin, très petit. Au début, il ne ressemblait à ... bah, à rien, il était juste bleu. Maintenant, il est un peu moins bleu, plutôt gris, ça doit être le métro, ça peut pas lui faire de bien. Au début de sa vie, dans sa jeunesse, il ressemblait plus ou moins à ça :



Et encore, il avait déjà un peu vécu. Maintenant, il ressemble plutôt à ça :




Vous pouvez le constater, le plancher n'a pas changé, le mur derrière non plus, bon par contre le sac ... Pour ce qui est du contenu ... J'ai décidé de le vider petit à petit, pour ne pas tout perdre, ce serait bête, alors que j'aurais réussi à tout garder dans mon sac pendant l'année. Donc pour commencer, la pochette de devant :
- Logiquement, y'avait mon portefeuille, carte navigo, carte de bibliothèque (on se demande pourquoi d'ailleurs, je vais plus à la bibliothèque, j'suis à la limite d'avoir une amende pour les retards), carte de retrait, carte verte inconnue ... ah, carte vitale. Ouais, ben, pourquoi pas. Dix euros non espérés, ça fait pas de mal. Des tickets divers. Cartes de fidélité inutiles ...
- Ma carte du lycée, soit disant indispensable pour rentrer, et pour manger à la cantine. Je l'ai pas perdue cette année, par contre la bande magnétique marchait plus, j'ai dû attendre une semaine pour qu'ils me la refassent. (Par expérience, on a pas besoin de la carte pour rentrer, en tous cas moi j'en ai pas besoin. Les autres, peut-être, je sais pas)
- La clé de chez moi, indispensable, surtout quand on rentre plus tard que prévu (à la fin d'un tournoi par exemple, ou un samedi soir après le club de go ... Non, ce sont des exemples pris totalement au hasard)
- Un paquet de chewing-gums (ça rentre pas dans la catégorie nourriture, ça !) fraise-citron (Et il est presque vide parce que tout le monde m'en taxe tout le temps, j'vous jure, c'est incroyable).
- Un emballage de tablette de chocolat ... D'accord, nourriture. Chocolat noir extra-lait de Lindt, super bon. Dommage qu'il en reste plus. (D'un autre côté, c'est ma grand-mère qui me l'avait donnée à la fin des dernières vacances, heureusement qu'il en reste plus.)
- Une dernière galette bretonne de jeudi dernier, personne n'en a voulu, ça m'étonne pas : c'était un choix d'Arthur, en même temps.
- Et des miettes ...

Pour l'instant, c'est pas trop catastrophique. Avant d'attaquer véritablement le contenu, passons à la pochette de derrière, le truc le plus inutile que je connaisse, du moins c'est ce que je croyais.
- La dernière RFG (Revue Française de Go pour les ignorants), très utile pour les cours d'anglais, sauf que quand la prof te demande pourquoi tu rigoles, tu peux pas lui répondre que c'est parce que Fan a écrit que tel joueur était surnommé "le cochon génial" ... (et surtout le "ndrl : ça promet")
- Un cahier de sudoku dont plus de la moitié des pages sont parties (on se demande où ... sur les tables des autres élèves, vous croyez ?), et celles qui restent sont déjà terminées. (Par qui ? Hmmm ...)
- Un contrôle de SVT peu brillant ... Bah, c'est de l'SVT. Et puis tout le monde l'a foiré, celui-là, y'a pas que moi.
- La feuille d'accrosport, que de souvenirs ... "Entrée : saute-mouton (Marie, Margot, Marjorie, Et, Rob)" ou encore "Marie et Margot = figure dynamique !!". Finalement, on aura eu 17,5. Enfin, non, Moi j'aurai eu 17,5. Les autres seulement 17, hé hé ... Paraît-il que j'aurais été porteuse ET voltigeuse. On a longtemps cherché OU j'ai bien pu être porteuse.
- "Traité de Burke, notion de sublime", ah, ça, c'est les TPE ... Finalement, c'est même pas moi qui ait fait cette partie ... Les Tpe, c'était tellement naze ... Mais à un point, on se demande pourquoi ça existe : tout le monde s'en fiche, aussi bien les élèves que les profs qui assistent (dans notre cas, ils servaient à rien) que ceux qui font passer l'oral.
- Un énoncé de contrôle de maths, encore un truc tordu, comme d'habitude.
- Le "métro" du jeudi 13 mars, "Bélier : c'est le moment d'user de vos charmes ! Profitez pleinement du plaisir de vivre, d'agir et d'aimer." Temps nuageux sur Paris, 6 degrés le matin et 13 l'après-midi.
- Un devoir d'espagnol, j'arrive même pas à comprendre le commentaire de la prof ...
- Un autre devoir d'espagnol, euh ...
- Un papier de bonbon, ça non plus c'est pas de la nourriture !
- Un bateau en carton, fait avec un papier de la bibliothèque Pompidou (dans laquelle je suis jamais rentrée, d'ailleurs). On y était allé pour les TPE, tiens ... Après avoir passé près d'une heure dans un café à se dire "Bon, qu'est-ce qu'on fait, on fait quoi", on avait décidé d'aller à la bibliothèque, mais Pompidou, le dimanche matin, faut faire la queue au moins une heure, alors non merci.
- Un sac en tissu (oui, un sac dans un sac, je sais pas ce qu'il fout là).
- La première page du "Rêveur", le journal du lycée. Pas lu non plus. Ça fait longtemps qu'on en a pas eu, d'ailleurs, ils en publient qu'un par an ? Ou j'ai raté un truc ?
- Une page du "métro" du vendredi 11 janvier. "Bélier : votre ego sera flatté par des compliments ou une petite réussite, mais vous trouverez que vous n'en avez pas assez, que vous méritez plus ou mieux !"
- Ticket de caisse du monoprix, "150G PIM'S POM/CAN". Noooon, ce n'était pas de la nourriture ... Pim's, j'connais pas.
- le "Direct Matin" du 6 février ...
- Ma convocation pour les TPE (Je vous ai dit que c'était nul, les tpe ? Oui, oui, sûrement)
- "Jouer avec Nicomède, de Pierre Corneille, mise en scène Brigitte Jacques" (A la Tempête, le truc paumé dans le bois de Vincennes, d'où il faut revenir à pieds à onze heures le samedi soir ... Pour faire peur à Shinthuya en tous cas, c'est vachement bien !)
- Une photo de la maternelle avec Jordan, départ en classe nature ... Oui, oui, je m'en souviens !
- Un contrôle de maths sur les proba, vous voyez monsieur qu'on en a fait, quand même !
- Un devoir de français reconnaissable aux "+++" qui sont disséminés sur la copie. A savoir, un "+" vaut un point ... en moins.
- Deux pierres de go blanches. (Pas du même jeu, non ...)

Mais le pire restait sans doute à venir. Le sac en lui-même, vidage de ses entrailles, terrible épreuve parmi les terribles épreuves. Autant y aller doucement.
- Ma trousse, qui elle-même mériterait d'être vidée. Au départ elle était jaune et noire, maintenant elle est ... noire, orange, rouge, verte, grise, un peu jaune sur les bords. A l'intérieur, j'ai un stylo plume à moi, plusieurs stylos "trouvés", des crayons de couleurs "empruntés", trois compas dont aucun n'a de mine, trois gommes dont deux identiques (donc une n'est pas à moi mais sûrement à ma soeur), un vieux rapporteur, quatre ou cinq crayons à papier, et ... un tsumego, "Noir joue et tue".
- Ma magnifique calculatrice violet, la Ti-quelque chose ... avec quelques programmes intéressants comme "corganique" ou "pendu" ... Corganique, le programme qui nous sauva la vie.
- "Life and Death" par James Davies. Mais qu'est-ce donc ? Aha :)
- Mon agenda, qui est sûrement à l'origine de ma "réputation de dalleuse"*, rien qu'à voir la couverture ... Cupa chups, coca-cola, milky way, bounty, kinder, tic tac, mars, center shock. C'est tout. A l'intérieur, un dessin de Tau, le seul qu'il sache faire d'ailleurs, un gribouilli qui selon lui est un chat. Je doute toujours. Quand j'ai su la date de mon oral de français, j'ai voulu la noter : c'était la seule page que j'avais arrachée de tout l'agenda -.-
- Un paquet presque vide de sablés "beurré nantais", "l'authentique sablé de LU". Ok, nourriture. Mais c'est trop bon ! (D'ailleurs, je le termine, tant qu'à faire).
- Un cours de maths. Complexes, Exponentielle, Logarithme. Passionnant !
- Une feuille de sudoku froissée, complétée, niveau 4 et 5.
- Mes notes pour l'exposé de latin, Néron et les femmes ! La meilleure partie. Dommage que le prof ait oublié qu'on devait faire un exposé ... Sinon, vous saviez que Britannicus, le frère par alliance de Néron, que ce dernier a fait assassiner, était épileptique ?
- Un contrôle de maths, mais combien on en a fait dans l'année ? Oo
- Mon brouillon pour le dernier bac blanc de français. Pas grand chose, quoi ... Tout ce dont je me rappelle, c'était qu'on était en vacances juste après ...
- Une boîte de cartouches Parker (ça coûte super cher, quelle arnaque) ... vide, bien évidemment. Depuis quand je fais des réserves, moi ?
- Un bac blanc de français et ... oh, des fiches de français ! Ben tiens, ça m'évitera d'en refaire.
- Un contrôle d'anglais et un "cours" d'anglais noté au dos d'une feuille de latin. "Et modo soluebam fronte de nostra corollas, ponebamque tuis, Cynthia, temporibus". Oui je sais traduire ça. Par coeur.
- Brouillon de contrôle de maths. Encore O__O
- Cours de maths, "les nombres complexes". Wouhou !
- Encore des maths. "Dérivées et primitives". Youpi !
- "Les mots fléchés de Robin", "Métro" mais date inconnue, dommage.
- Encore un contrôle de maths, mais c'est pas possible ! On a pas pu travailler autant dans l'année ! Pas avec ce prof, le prof le plus fainéant qu'on ai jamais connu !
- Mon cahier, ah, mon fameux cahier ! Celui que j'ai depuis la moitié de l'année et qui regroupe TOUTES les matières ! Le cahier qui a triplé de volume depuis le jour où je l'ai acheté ! Ce cahier qui, l'année dernière, devait me servir de cahier d'espagnol ... Il mériterait à lui seul un article complet. En tous cas s'il faut vous décrire son contenu, j'en ai pour une bonne heure. Donc je le fais pas.
- Du français ... J'appellerais pas ça un cours ...
- Deux autres feuilles de sudoku, complétées bien sûr.
- Un stylo quatre couleurs, avec "Marie" gravé dessus. Marre qu'on me le vole. C'est pas parce que tout le monde a le même que mon stylo appartient à tout le monde.
- Un vieux critérium volé à mon cousin. C'est mal, je sais. Mais il s'en est jamais rendu compte, alors ...
- Un paquet de mouchoirs. Esprit de Zhijian, sort de là !
- Un bout d'emballage de paquet de gâteaux. Si si, je le reconnais. Des sprits au chocolat au lait. Très bon aussi.
- Deux boîtes non ouvertes de chewing-gums fraise-citron.
- Quatre sucettes Chupa chups, deux à la pêche, deux à la vanille
- Le crayon de la JAPD, ou la journée la plus longue au monde. Le crayon est bien moche.
- Deux cartouches vides, un bâton de sucette.
- Six pierres de go, cinq noires et une blanche. Elles doivent être là depuis le tournoi de Paris ... Oui, le jour où on a trimbalé un goban et deux bols avec les pierres jusqu'à l'autre bout de Paris. Bah les pierres étaient dans mon sac, certaines y sont restées.

En résumé, d'accord, des trucs à manger. Juste un peu.
Des sudoku, des problèmes de go, des mots croisés. De quoi s'occuper, quoi.
Un peu de cours.

Et puis, comme on change pas une formule qui gagne, et que j'avais pas que ça à faire, de tout ranger ... J'ai tout remis dans mon sac. Je le viderai une autre fois.

* C'est drôle d'ailleurs comme l'image qu'on donne peut changer selon les gens, les lieux, etc. Au lycée on pense que j'ai toujours à manger dans mon sac. Ceux qui sont aux tournois de go, qui viennent au club, ou au stage, pensent plutôt que je mange jamais rien. (Y'a qu'à voir ce que je mangeais à Grenoble ...).

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26 mai 2008

Il était une fois

Dans un pays fort fort lointain, une ville fort fort perdue que ses quelques - chanceux - habitants appelaient Paris. Dans cette ville, un fort petit lycée avec des élèves d'un niveau intellectuel surélevé, et avec une soif d'apprendre incomparable. Une classe de première en particulier atteignait des sommets, mais, soit dit entre nous, ils le devaient uniquement à leurs chers professeurs.

Ils avaient par exemple des cours de maths fort passionnants.
- Quand vous prenez le métro, vous voyez plein de gens sortir leurs portables, faîtes pareil avec vos calculettes !
- Le bac on s'en fout, l'important c'est la prépa.
- Vous voulez SABOTER mon cours, c'est ça !
- Les contrôles je les ai laissés dans une caisse, vous les aurez euh...
- On va au café, mais c'est vous qui paierez l'addition.
- On arrête pas de me voler mes craies ... parasites ...
- On me paye pas assez, n'oublie jamais combien on te paie !
- Les chaises, c'est mes impôts !
- Bon, on met le turbo, vous êtes prêts ?
- Je ne fais pas cours à des ruminants.
- Le vin est tiré, maintenant il faut le boire
- Une seule solution : Raffiner !
- Bof, j'ai la flemme de le faire ...
- C'est du sabotage.
- Tchebychev, qui est ce ?
- On va fusiller quelques sinus
- Pas la peine de me courir après, je cours très vite !
- J'ai retrouvé et reperdu votre copie
- J'en sais rien, je suis pas madame soleil moi !
- C'est dans le développement que se cache le diable
- Vous allez prendre la porte, Mr Stovall
- Le chewing gum, ça décolle le cerveau.
- J'ai volé un devoir dans un lycée voisin ...
- Non mais, vous imaginez si je venais avec une perruque rouge ?

Ou encore des cours d'espagnol qu'ils avaient en horreur.
- Ca valait trois, ça passe à deux.
- Je n'ai plus l'âge de croire au Père Noël.
- Entoure toutes les voyelles de la phrase.
- Fijaos !
- C'était un test, on peut dire qu'il a été réussi dans la mesure où il a bien été raté.
- On va faire l'alphabet.
On se demande pourquoi, tiens.

Une prof principale au bord de la crise de nerf à chaque cours, mais dont les convictions ne s'écroulent jamais !
- J'en ai marre de vous la première S5 !
- Je sens chez toi la malhonnêteté intellectuelle.
- YES I'M A CLOWN !
- Vous êtes en apné cérébrale, je crois.
- Mais vous vous rendez compte que vous êtes en bac blanc !
- Ah, moi j'adore Jacques le Fataliste ! Pas vous ?
- Vous êtes désespérants !
- Ah, ce vers avec le jeune éléphant, j'adore, c'est magnifique ! Vous ne trouvez pas ? Mais vraiment ! Vous avez déjà vu des éléphants courir ? On dirait qu'ils volent !
- Je vous rends les bacs blancs, y'en a qui vont pleurer.

Mais aussi des cours d'anglais ... pas de mot pour décrire une telle ... argh ...
- Dites moi, dites moi, dites moi, dites moi, dites moi ...
- Non, Ali ... remplir une secrétaire ça ne va pas !
- Souvent dans la vie, vous tuez des gens et vous ne le faites même pas exprès
- Je suis d'accord avec moi-même.
- Vous voulez que j'écrive des phrases au tableau ?
- DITES MOI !
- Ca peut paraître inutile ce que l'on fait mais en réalité ...
- Il y'a du gaz hilarant dans cette classe
- Par exemple dans la vie courante, vous dites, tiens je vais t'apprendre à faire des noeuds marins !
- Et là vous voyez, les canelloni ils sont dans l'irréel.
- Je vous distribue les contrôles de vocabulaire, s'il vous manque des mots demandez moi !
- Comment direz vous Ali, par exemple, oh quel dommage que je ne sois pas une fille ?
- Dites moi dites moi dites moi !

Sans oublier les cours d'histoire soporifiques dont personne ne sortit indemne psychologiquement.
- Je ne suis pas un fervent partisan du cahier à petits carreaux.
- Faites attention à ce que ma première phrase ne soit pas "Prenez une feuille"
- Il y a encore quelques foyers de bavardages ...
- Il y a encore un peu de dispersion au fond.
- Ce n'est pas tout à fait le calme.
- Il y a un emballement de décibels.
- J'espère que votre question a réellement un rapport avec le cours ...
- Attention, je vais m'énerver !
- Je me suis trompé de parallaxe.
- Votre discours cartographique est ambigu.
- La crise de la pomme de terre en Irlande ...
- Ne souffrez pas d'un strabisme divergent.
- J'aimerais que l'accessoire ne prenne pas le pas sur l'essentiel.
- Je me vois dans l'obligation de fermer les fenêtres, si vous m'y obligez, car cela perturbe l'acoustique de la salle.

Un peu de physique au passage avec "professeur Lucatelli" :
- Je vais vous apprendre à gruger au Monoprix
- A la ligne, un tiret, 2 carreaux en retrait
- T'as trop réfléchi et c'est dommage
- J'étais ingénieur au début, mais j'ai préféré faire prof.
- La force gastrique qui s'exerce
- Un calamar ... floup floup
- Arthur, tu vas avoir une méga punition !

Et puis de l'SVT, ils n'étaient pas en S pour rien :
- Le TP n'a même pas été relu ?
- Horreur, qu'avez-vous fait en une heure trente ?
- Et alors là, les feuilles agraphées dans le désordre, c'est la cerise sur le gâteau !
- Dans l'autre classe, la moyenne est de 5 !
- Et non, la blatte n'a pas de cerveau ...

Il était une fois une classe qui voyait doucement la fin de l'année approcher et qui ne pouvait que s'en réjouir ...
(Merci à tous ceux qui ont noté les citations quelque part, c'est-à-dire (id est) Arthur, Zhijian, Mael ...)

Posté par Minske à 18:34 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mai 2008

De Latinum

Parce qu'après le cours d'aujourd'hui il m'est venu à l'esprit que je n'avais jamais écrit quoi que ce soit (mises à part quelques remarques au passage) sur cette chose fort passionnante qu'est le latin. Et pourtant. Il faut déjà savoir que la grande majorité des élèves qui font latin, sinon tous mais on ne sait jamais, ne font pas latin parce que ça les intéresse, c'est évident. Pour certains, c'est à cause de leurs parents, d'autres c'était pour entrer au lycée, d'autres pour avoir des points en plus au bac.

Et qu'aurions nous donc manqué si nous n'avions pas coché la case "Je continue le latin" après chaque année !

Autant l'année dernière, il n'y avait pas vraiment de quoi se plaindre. Trente-cinq en latin, une prof sympathique mais qui nous laissait faire un peu ce qu'on voulait ... Moi je restais sage, dans mon coin, avec des mots croisés ou des sudoku. Suzanne m'aidait à la table juste derrière. Quand on avait du mal on demandait aux autres, bien sûr.
"Hey Alix ! La monnaie du Pérou, en quatre lettres ?"
"QUOIII ? LA MONNAIE DU PEROU ??"
"..."

Autant cette année, ça a commencé très fort.
"Bon, autant vous le dire tout de suite, le latin, ça ne sert à rien."
Tiens, quelle surprise ! Nous qui croyions pourtant ... Quelle désillusion !
"Simplement pour vous, c'est pour avoir une mention au bac, et moi c'est pour gagner ma vie. Et encore ..."

Et puis on a eu droit à quelque chose de totalement inconnu pour nous : des traductions à préparer chez soi. Comment ça ? Traduction ? Préparer ? ... Devoirs de latin ? Sur le moment, on a eu du mal à y croire. On a fini par s'y faire. Par trouver le mode d'emploi.
1. Prendre son texte, souligner les verbes en rouge pour faire genre.
2. Bien regarder le titre, le numéro du livre et du chapitre d'où est tiré le texte.
3. Ouvrir google, taper toutes ces informations.
4. Choisir la meilleure traduction, comparer avec ton texte toujours pour faire genre.
5. Imprimer.
Simple, quand on y pense. Avec l'habitude, c'est presque devenu un réflexe.

Mais on a une meilleure technique, maintenant !
"Alors Julien, t'as vu ta grand mère ce week-end ?"
Une grand mère qui sait faire des traductions de latin, ça aide. Sa grand mère c'est un gaffiot vivant. Quand elle s'ennuie, elle fait de la scansion, c'est pour dire. Toujours est-il qu'on lui doit beaucoup, n'est-ce pas !

Parfois, quand le prof s'ennuie ou a envie d'aller prendre l'air, il nous donne un travail autrement plus compliqué. De la traduction en groupe. C'est un peu le même principe que pour la traduction à faire à la maison, puisque tout le monde a déjà sa traduction imprimée. Il s'agit donc de se réunir en groupes de quatre pour ... euh ... discuter de la traduction ? Pour permettre au prof d'aller se promener, surtout. Il sort, il fait un tour, il revient, il fait le tour de la salle en passant par le fond, et il ressort. Un jour, il est pas revenu.
"Ça fait combien de temps, là ?"
"Vous croyez qu'il est mort ?"
"Oh ouais, ça serait bien !"
"Hé, la vieille qui passe, là, c'est peut-être sa femme."
"Ou sa mère."
"Elle vient pour l'identification du corps !"
"Et elle va vers les toilettes, pour ça ?"
"Ou ptet vers les salles de chimie ..."
"Ils doivent faire l'autopsie là bas. Si ça se trouve c'est un meurtre."

Finalement, une prof de physique est venue nous "surveiller". Pendant dix minutes on a continué à ne rien faire, puis elle a craqué et elle nous a donné un exo de physique. Une histoire à la con de jardinier qui soulève une échelle posée par terre, non mais vraiment ...

Entre les traductions faites en classe où l'on invente la moitié des mots ("Tiens, et si on sous-entendait un verbe en plus, ici ?"), et les cinquante traductions proposées par le prof pour la même phrase ...
"Alors là, on avait traduit par "Les fenêtres en face" mais je trouve pas ça terrible ..."
Silence, nous on s'en fout, c'est lui qui avait traduit. Des blancs comme ça, on en a beaucoup, parfois il s'arrête sans qu'on sache pourquoi.
"Je dirais plutôt : "Les vantaux écartés" "
Trouvez le rapport entre les deux ...

Ce matin, mise à part l'interro qui m'est tombée dessus - interro sur le texte que je devais apprendre pendant le tournoi de Grenoble, inutile de vous dire que je n'ai même pas sorti mon cahier de mon sac ... en fait, je n'ai même pas sorti mon sac de la roulotte, dans laquelle j'ai dû dormir deux heures, bon - donc mise à part cette sympathique interro, on a eu droit à la vérification des devoirs donnés lundi soir ... Qui les avait fait ? Personne, on n'en doute pas une seconde.
"Bon Marcus, à votre tour."
"Euuuh ... alors ..."
"Bon, "illa", c'est quoi ?"
"Je sais pas ... Je connais "ille" mais euh ..."
"Bon, je crois que je vais aller faire un tour."

L'air désespéré. D'accord, il y avait peut-être de quoi (pour les non latinistes, illa c'est juste le féminin de ille ...). Cinq minutes plus tard, il revient, il se plante juste devant l'élève, et après quelques secondes de silence, il sort :
"Vous êtes sûr que vous voulez continuer l'année prochaine ?"

En conclusion : on aime tous le latin, mais on aimerait encore plus si on en faisait pas.

Posté par Minske à 21:22 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 avril 2008

Ze sais pas. Et toi ?

En entrant dans le hall de l'immeuble - allez appeler ça un hall ... enfin bon - on croise la gardienne - enfin, elle fait que sortir les poubelles, et un peu le ménage aussi. On ? Moi, et mon voisin de quatre ans que je vais chercher à l'école deux fois par semaine.
"Bonjour MADAME POUBELLE !"
Petit doute. Que faire ? Comment elle va le prendre ?
"Ha ha ha."
Bon, plutôt bien, apparemment.
"T'es une BOURRIQUE !"
Hé, du calme ! Là par contre, je sais pas si ça va aussi bien passer ...
"Ha ha ha ..."
Putain elle est calme dans son genre.
"... j'ai pas bien compris."
Non, elle est pas calme, elle est conne.
"T'ES UNE BOURRIQUE !"
"C'est pas que j'ai pas entendu ! J'ai pas compris !"
"T'ES - UNE - BOU - RRIIIIIIIIIQUE !"
"Bon, Joseph, on y va, l'ascenseur est là"
Première fois que je les interromps, j'aurais ptet dû le faire avant.
"Au revoir MADAME POUBELLE !"
"Ha ha ha ..."

Entre l'école et la crèche, puisqu'il faut aller chercher la petite soeur, aussi.
"Ça te fait pas peur toi, les siens méssants ?"
"Euh, un peu, mais bon, ça va, quand ils ont une laisse ..."
"Ouais. Tu sais l'autre zour à la télé j'ai vu une émission !"
"Ah oui ?"
"Oui, et même que y'avait un footballeur, il avait manzé un enfant et mordu une femme !"
J'ai dû faire une tête comme ça : O____O
"... Un footballeur ?"
"Ouais, avec des dents grandes comme ça !"
Moment de réflexion, puis je fais le lien.
"Un rotweiller tu veux dire !"
"Ouais c'est ça. C'est pareil."

A la maison, réflexions tout aussi philosophiques.
"Mariiiie ! Un verre d'eau !"
Et la politesse ? Les jeunes de nos jours ...
"C'est comme ça que ta maman elle t'apprend à demander ?"
"Bah ouais !"
Regard insistant.
"En fait nan. Ze peux avoir un verre, s'il te plaiiit Marie ?"
Et bah voilà, c'est mieux ... Je lui donne le verre.
"Merci ma chérie !"
O____O
"Tu dis souvent ça aux gens, toi ?
"Non, toi c'est parce que ze t'aime bien."

"Et le bonhomme arzenté là c'est quiii ?"
"Bah le surfeur d'argent. Tu connais pas ?"
Il connait même pas le nom de ses propres jouets !
"Ah ouais ... Et bah le dragon rouze il pète la gueule au surfeur d'arzent !"
Oh oh, vilain mot ... Nooon, c'est sûrement pas moi qui lui ai appris ça.
"Et après le surfeur d'arzent il meurt, on le tue, on le fait cuire, et on le maaanze !"
Avec un air super réjoui. Réflexion.
"Tu manges souvent du surfeur d'argent, toi ?"
Air super sérieux :
"Mais tu sais, y'a plein de choses bonnes à manger dans le surfeur d'arzent !"

Sa mère rentre, elle pose son sac.
"Joseph mon chéri, je t'ai rapporté une surprise !"
"C'est vrai ?"
Pendant qu'elle me paie, il va direct fouiller dans son sac. Il sort la baguette de pain que sa mère vient d'acheter.
"Zénial ! Zénial !"
"Mais non voyons Joseph, c'est pas ça la surprise ..."

"Mais mamaaan, pourquoi t'es rentrée aussi tôt ?"
"Parce que mon travail s'est fini plus tôt, tiens !"
"Mais ze voulais que Marie elle reste plus longtemps ..."

"Hey Joseph, tu sais que c'est mon anniversaire, aujourd'hui ?"
"C'est vrai ?"
"Bah oui c'est vrai !"
Genre je vais lui raconter ça pour m'amuser.
"T'as quel aze alors ?"
"Dix-sept ans. "
"Hmm, ça fait beaucoup !"
Heureusement que j'en ai pas quarante, ça deviendrait indélicat de sa part.
"Ouais, je me fais vieille ..."
"C'est sûr !"
Très indélicat, même. Mais bon, dix-sept, je peux encore me marrer. Après un moment de réflexion, il ajoute :
"En fait, nan. T'es touzours une enfant, toi."

Posté par Minske à 19:49 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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